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MUSIQUE

A la découverte de Giordano Bruno, scientifique, philosophe progressiste, mais aussi moine défroqué.

Le prix de l'hérésie - S.J. Parris, Les éditions 10/18

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S. J.  Parris est le nom de plume de Stéphanie Merrit, journaliste au Guardian et The Observer. En préparant sa thèse sur l’influence de l’occultisme sur la littérature de la Renaissance, elle rencontre un personnage fascinant qui lui inspire l’idée du "Prix de l’hérésie", entrer dans le cercle très fermé des best-sellers du New York Times. Ce livre est disponible aux éditions 10/18 en grand format.


A la découverte de Giordano Bruno, scientifique, philosophe progressiste, mais aussi moine défroqué.

 

Polar historique, Le Prix de l'Hérésie nous conduit sur les traces de Giordano Bruno, philosophe italien du XVIe siècle que ses sulfureux propos théologiques conduisirent au bûcher.
 

Moine en fuite, excommunié et poursuivi par l'Inquisition, tant en Italie qu’en France, Giordano Bruno, alors qu’il a réussi par son esprit avancé et éclairé à se faire admettre dans le cercle des puissants que ce soit en France ou en Angleterre, débarque en 1583 à Oxford, en quête d'un havre de paix pour mener ses recherches pour le moins controversées sur les traces d’un mystérieux livre antique qui pourrait l'aider à prouver sa théorie révolutionnaire d'un univers infini. 
 

A Oxford, doit se tenir une conférence ou il a l'espoir d'obtenir une chaire. En secret, il travaille pour le compte de la reine, en tentant de débusquer les derniers papistes qui se cacheraient encore parmi les habitants de la ville... Mais dans les corridors feutrés des prestigieux collèges de la cité universitaire, entre papistes et anglicans, partisans de Marie Stuart et de la Reine Vierge, une guerre se prépare.
 

La veille de la conférence, le corps mutilé d’un homme est retrouvé gisant dans une mare de sang. C'est le premier d'une série de victimes dont l'agonie n'est pas sans rappeler celle des martyrs chrétiens. En effet, peu de temps après, un autre meurt à son tour, criblé de flèches !
 

Giordano enquête, démêle peu à peu les complots, et plonge dans les rouages d'une tragédie diabolique où ferveur religieuse et fureur meurtrière ne font qu'un. En quelques jours, la petite ville universitaire devient le théâtre de l’affrontement fratricide des Catholiques et Protestants. Nous allons donc le suivre dans sa recherche du criminel, ce qui va l’amener à risquer sa vie et mettre au jour la lutte sanglante entre catholiques et protestants.
 

Le roman se découpe en trois parties. Dans le Prologue, on découvre les circonstances dans lesquelles le héros, Giordano Bruno, s’enfuit du Monastère de San Domenico Maggiore, en 1576, pour fuir l’Inquisition. Dans la Première partie, les premiers éléments de la fiction se mettent en place. Le secrétaire d’Etat de la reine lui confie une mission d’espionnage : collecter des informations sur les papistes d’Oxford. L’histoire proprement dite commence avec la Deuxième partie, au chapitre 2. Le lecteur s’implique dans l’histoire tout de suite car elle est écrite à la 1ère personne. 
 

Le suspense est bien mené. L’intrigue policière est habile. Les fausses-pistes, les révélations, les embûches et les chausse-trappes ne manquent pas. L’atmosphère et le cadre historique sont brillamment restitués. Les personnages secondaires sont, pour la plupart, assez bien rendus. Ils fonctionnent comme une mini société, avec ses jalousies, ses luttes de pouvoir. Ils sont compliqués, complexes, tourmentés, avec des profils psychologiques affinés et fouillés. Ils sont prêt à tout pour arriver à leur but quitte à utiliser la violence ou le meurtre, notamment les partisans de l'une ou l'autre des religions. Certains se révèlent de vraies surprises.
 

Sophia, la fille du recteur, est curieuse, rebelle, passionnée, savante, tout le contraire des dames de l’époque ! Cependant, elle aussi va faire les frais de cette guerre religieuse !
 

Sir Philip, qui lui aussi a réellement existé, apporte un vent de fraicheur lorsque l’ambiance du livre se fait lourde et oppressante. Il est le parfait contraire de Giordano mais ils forment tous les deux une sacrée paire.
 

Ma déception : Giordano. Quand on fait des recherches sur lui, on s’aperçoit qu’il est très courageux et même téméraire dans ses idées, au point de se faire excommunier à trois reprises (Rome, les Calvinistes à Genève et les Luthériens en Allemagne). Il est assez insolent pour oser déclarer à l’issue de ses huit années de procès que les juges avaient davantage peur que lui de la sentence, mais on découvre ici un personnage sinon légèrement peureux mou et vraiment diplomate face aux professeurs. On ne voit pas son coté sulfureux. Il reste néanmoins attachant et touchant, surtout face aux femmes et dans son amour immodéré des livres. Il a une véritable dimension d'enquêteur avec son esprit pratique, sa capacité de raisonnement et de déduction à la Hercule Poirot. Je l’aurai adoré si je n’avais pas fait ces recherches en cherchant la date de parution du tome 2.
 

Espérons que ce défaut sera corrigé dans le prochain tome Prophecy que nous avons hâte de lire et pour lequel nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine.

Sarah Judith


Le prix de l'hérésie - S.J. Parris, Les éditions 10/18

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